La Bastide de Vianne

Plan de la Bastide
Plan de la Bastide

1 - La Bastide

Construite en 1284, l'acte de paréage a été signé au château de Montgaillard entre Jourdain de l'Isle et Jehan de Grailly sénéchal en Agenais du roi d'Angleterre car cette terre d'Aquitaine était devenue anglaise après le remariage d'Aliénor et d'Henri II Plantagenêt. Bastide Anglaise donc et qui port un nom de femme celui de Vianne de Gontaud-Biron, propriétaire des terres et tante de Jourdain de l'Isle.


Un acte de paréage a validé sa création, il fut signé en 1284 entre Jourdain V de l’Isle Jourdain et Jehan de Grailly, alors sénéchal du roi d’Angleterre. Cette terre d’Agenais venait d’être rétrocédée aux anglais cinq ans plus tôt.


On se souviendra que cette partie du duché d’Aquitaine fut –avec d’autres- rattachée à la couronne d’Angleterre en 1154, lorsque Henry Plantagenêt, époux d’Aliénor, devint roi d’Angleterre, puis qu’elle passa sous tutelle des Comte de Toulouse en 1196, avant que Philippe le Hardi ne cherche à l’intégrer dans les terres du roi de France en 1271. 


Vianne est une bastide née Anglaise, qui porte le nom d’une femme : Vianne de Gontaut-Biron, laquelle offrit ses terres à son neveu Jourdain V.

2 - La Place

Elle était l’âme du village : halle et autres commerces s’y retrouvaient avec la maison des consuls, les couverts, le puits … Les rues s’y coupent à angles droits suivant un plan orthogonal. Vous promenant, vous ne manquerez pas de découvrir le point stratégique de la ville, à partir duquel un seul guetteur pouvait surveiller les quatre portes.

3 - Les Remparts

Ils mesurent 1250 mètres et sont encore remarquablement conservés. On remarque, à intervalles réguliers, les trous de boulins destinés au montage des hourds. Ces constructions de bois amovibles étaient mises en place à cheval sur le sommet des remparts lorsque l’on se préparait à soutenir un siège. Peaux de bêtes fraiches ou herbe humide les recouvraient afin d'éviter qu’elles puissent prendre feu.

4 - Les Tours et Tours Portes

Utilisées pour la défense, elles ne portaient pas de toiture en temps de paix mais, comme pour les remparts, on les équipait de hourds en cas de besoin. Quatre tours portes, une sur chaque coté, permettaient de gérer entrées et sorties. Leur appareil défensif variait de l’une à l’autre, on pouvait y trouver herses, assommoirs, bretèches, archères, barbacanes, douves et pont levis. Certains angles des remparts étaient en outre flanqués de tours, rondes ou carrées selon le besoin.

5 - Les Tombes du Haut Moyen Âge (pourrissoirs)

Situées dans l’ancien cimetière, de part et d’autre de la porte romane aujourd’hui murée, elles vont par paires et remonteraient à l’époque carolingienne (IXe siècle). On y découvre la position des corps et les claies de pierre qui soutenaient tête, bassin et pieds. Couverts d’une dalle, les corps se décomposaient avec le temps jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que les os. Une fois réduits, ceux-ci basculaient au niveau inférieur : l’emplacement était à nouveau disponible.

6 - L'Eglise

Elle pourrait être l'œuvre de Templiers si l’on en croit certaines marques gravées dans la pierre : il y avait de nombreuses commanderies dans la région. Antérieure à la bastide de 100 à 150 ans, elle faisait alors partie d'un village d’origine gallo-romaine : Villelongue. Son style originel roman, parmi les plus purs, fut augmenté d’une travée gothique au XIVe siècle.

Lorsque la bastide fut créée, on crut à une forte augmentation du nombre de fidèles, quantité qui n’aurait pu tenir dans les murs de l’ancien édifice.

On remarque de nombreuses marques de tâcherons, en particulier près de la porte romane.

7 - La Louve

Gravée sur le mur extérieur de l'abside certains pourraient penser qu’il s’agit d’un graffiti anodin. Mais la tradition orale rapporte depuis des siècles que, avec une autre que l’oncherche toujours, elles indiqueraient l’origine et l’orientation d’un souterrain (reliant Vianne à Montgaillard ?) par lequel des renforts auraient pu venir prêter forte aux habitants, en cas de siège…

On notera qu’une marque templière gravée en plusieurs endroits de la porte romane renforce cette hypothèse.

8 - Le Pont Suspendu

Le projet d'un pont sur la Baïse étant arrêté dès 1840, sa construction fut réalisée grâce à une souscription locale. Il fut inauguré en 1844.

Deux octrois permettaient de prélever les droits sur transferts de denrées et mouvements de personnes, un bac de création bien antérieure lui faisait encore concurrence car bien moins cher. En 1888, la commune racheta les droits de la souscription et la traversée devint gratuite. Cette décision signa la fin de l'exploitation du lac.

9 - Le Moulin et la payssière

De construction antérieure à celle de la bastide, sa présence fut l'un des arguments retenus pour installer celle-ci à cet endroit. Souvent maltraité par les hommes et par les éléments à travers les siècles, un incendie l'acheva en 1914. Ce qu'il en reste est cependant utilisé depuis plus de 130 ans pour produire de l'électricité. Il aura contribué pendant plusieurs siècles à l'enrichissement du Néracais qui envoyait de la farine sur des gabarres (bateaux à fond plat), jusqu'à Bordeaux, d'où elle était exportée outre atlantique.

10 - La Baïse

Si la navigation resta assez irrégulière jusques sous Henri IV, des postes de péages étaient cependant déjà en place dès le XIIIe siècle. Mais c'est Sully qui fit aménager les premières écluses, certes rustiques, sur la base de plans de Léonard de Vinci.

Ce n'est qu'après 1835 que des décisions de Napoléon 1er prirent effet grâce aux travaux d'un jeune sous-préfet, le baron Haussmann : les écluses furent maçonnées et agrandies, une liaison réalisée avec le canal latéral (1850) à Buzet, et l'aménagement de la haute Baïse (1862) permirent d'assurer un flux suffisant tout au long de l'année. Ses gabarres ont longtemps transporté farines, vins, armagnacs, et autres denrées. Mais le trafic commercial diminua progressivement pour s'arrêter en 1964. Après une longue période de repos, elle trouve un nouvel essor grâce au tourisme fluvial qui permet a de nombreux touristes de découvrir le Pays d'Albret de façon originale.

11 - Le Lavoir

Ce très joli lavoir, remonté peu avant la révolution (1762) permit au village de se tourner vers l'extérieur car, auparavant, son ruisseau était détourné pour alimenter les douves.

12 - La Pierre

Très réputée, la pierre de Vianne a servi pour construire de nombreux ouvrages dont une partie des quais de Bordeaux. C'est un calcaire blanc non gélif, mais assez nécrosé, qui date du tertiaire.

13 - Le Verre

Il est à Vianne depuis 1920. Si la verrerie qui employa jusqu'à 900 personnes (dans un village qui comprend un peu plus de 1000 habitants) est maintenant fermée, un musée est maintenant installé en lieu et place, qui témoigne de ce fabuleux passé. On notera par ailleurs qu'un maître verrier, souffleur de verre et sculpteur, s'est installé dans l'ancienne gare où il fait d'impressionnantes démonstrations de son savoir-faire.