L'histoire de Vianne

Fondation de la Bastide : 

Au départ, il n’existait qu’un hameau, vraisemblablement construit autour des ruines d’une villa romaine (villa longa). La voie romaine dite Ténarèze ou du moins une des ses ramifications passait en effet sur le territoire de la commune actuelle. Par la suite, un prieuré fut construit par un ordre militaire (Templiers ou Hospitaliers) dont il ne subsiste que des traces et l’église fortifiée.

La bastide de Vianne fut fondée le 21 septembre 1284 par un acte de paréage entre Jourdain de l’Isle et le sénéchal de Guyenne Jean 1er de Grailly, représentant du duc d’Aquitaine Edouard 1er d’Angleterre , alors que Philippe III régnait sur la France. En effet, les Français avaient érigé en 1260 la bastide de Lavardac en amont sur la Baïse, et les Anglais cherchaient à fortifier leur territoire. Le nom de la cité fut choisi par Jourdain de l’Isle en l’honneur de sa tante Vianne de Gontaut-Biron qui lui avait légué quelques années plus tôt ses droits sur la seigneurie de Montgaillard dont dépendait la future bastide. La bastide fut érigée en lieu et place du village de Vilalonga (Villelongue) dont il subsiste l’église Notre-Dame, entre la Baïse et les contreforts de Montgaillard. La charte de coutumes est signée par Edouard 1er d’Angleterre à Bordeaux le 19 avril 1287.

Les premières fortifications d la ville neuve (villa nova ou bastide) sont construites au début du XIVe siècle, juste avant le début de la guerre de Cent Ans (1337). Elles se constituent d’une muraille d’enceinte de 1,250 km, de quatre tours carrées (non couvertes à l’époque) et de tours rondes (il en reste deux aujourd’hui). Commenmcée en 1284 et terminée en 1287, Vianne est l’une des bastides les plus intéressantes en raison de son plan officiel, de ses portes et de ses murs bien conservés. Les terrains à bâtir ont eu à l’origine la même taille, soit environ 11,70 mètres de front sur 23,40 mètres sur les côtés (24 razes par 48, le « raze » est une unité de mesure médiévale équivalent à 0,50m). Sur une zone d’environ 10 hectares protégée par les remparts, une partie seulement de la terre a été attribuée aux premiers habitants. Les jardins ont de tout temps pris beaucoup d’espace. La structure générale comprenait deux axes routiers : l’un, de près de 350 mètres de long du nord au sud, est parallèle à la Baïse, l’autre, d’environ 250 mètres, est perpendiculaire au premier. D’autres rues de différentes largeurs sont parallèles à chacun de ces axes, mais aucune d’entre elles ne conduit à une porte du village. On peut encore voir les quatre entrées d’un même point de la place. Les rues principales ont 7,68 m de large. Les rues étroites sont deux fois moins larges.

Jourdain de l’Isle fut un administrateur tou à la fois avisé – il fait bâtir en 1287 le premier moulin sur Baïse – et cruel qui dévasta l’église en 1323 pour une querelle avec des moines et qui fut exécuté sur ordre du roi Philippe VI sur le gibet de Montfaucon en 1333.

Guerre de cent ans

L’histoire de la cité fut émaillée de plusieurs escarmouches de batailles franco-aquitaines (combats de 1342). Le premier siège de Vianne eut lieu avant même la guerre de Cent Ans en 1295. Vianne est défendue par Lupiac de Moncassin, sire de Moncassin qui y fut tué. Son corps adossé à la porte Sud fit croire aux Anglais qu’il était vivant et ils levèrent le siège. Par la suite, Vianne passe aux mains des Français en 1337, reprise par le Anglais en 1340, puis de nouveaux aux Français en 1342 et ainsi de suite jusqu’en 1442 où elle devint définitivement française. 

Guerre de religion

Pendant les guerres de religion a lieu la bataille des Arrougets : le 3 juillet 1562, un combat opposa Blaise de Montluc surnommé le « boucher des Catholiques » au capitaine Doazan, qui, à la tête d’une armée de Huguenots forte de près de 500 hommes, venait de Nérac pour arrêter les Catholiques. La bataille fut terrible, puisque lel juge de Vianne dut faire enterrer plus de 300 corps, et vit la victoire des catholiques. 

Vie de la Bastide

Sous Henri IV, la payssière (passage aménagé pour les bateaux) de Vianne fut remplacée par une écluse manœuvrée à la main par les mariniers. L’écluse aurait été reconstruite aux dimensions actuelles, (31,40 m x 5,20 m) en 1844, ce qui permet à Vianne d’accueillir les gros bateaux de 150 tonnes circulant sur le canal latéral. 

Sous Louis XIV, en 1651, Vianne fut cédée au duc de Bouillon, Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, prince étranger, ce qui lui permettra d’être une des très rares bastides à n’avoir pas eu ses fortifications détruites.

A la Révolution, la commune de Vianne regroupe les paroisses de Notre-Dame de Vianne et de Sainte-Marthe (sur la rive droite de la Baïse).

Entre 1839 et 1853, se construit un pont-canal, au-dessus de la Baïse en pierre de taille du Quercy.

Les bulletins des lois annonce en 1840 la construction d’un pont suspendu sur la Baïse, à la place du bac.

Vianne est dotée de l’électricité le 4 février 1879, « grâce à la générosité de M. Valmon Latouche, maire de Vianne ».

En 1904, se crée une société hippique dont le siège se situe dans la tour du Moulin. Elle aménage un premier hippodrome aux Marcons puis un deuxième moderne au Balias, possédant des tribunes couvertes, une piste de 1 300 mètres dont une ligne droite de 450 mètres. La Seconde Guerre mondiale mettra fin à cette activité qui sous l’impulsion de Marcel Prévost fit venir à Vianne de très nombreuses personnalités telles le Président de la République Armand Fallières, Francis Jammes, Joseph de Pesquidoux, Pierre Benoit…

Economie

La Minoterie

Le moulin sur la Baïse a été construit en 1287 par Jourdain de l’Isle et possédait 3 paires de meules à farine. En 1850, il a été surélevé de trois étages. Il possédait alors 6 paires de meules entraînées par la vapeur. La farine produite était chargée sur des bateaux en partance pour Bordeaux et était exportée. De nos jours, le moulin produit de l’électricité.

Pierre de Vianne

Depuis toujours, l’histoire de la ville s’est écrite avec celle de l’exploitation de carrières de pierre, c’est en effet cette pierre qui a servi pour bâtir les fortifications. Plus tard, elle a été utilisée pour construire le pont-canal d’Agen sur la Garonne, ce qui prouve assez sa réputation de pierre dure. Les carrières se situaient tant sur la rive droite que sur la rive gauche de la Baïse. 

Sur la rive droite : les Arougets ou Arrougets qui ont fourni les plus belles pierres

Sur la rive gauche : Roquefon, Le Maréchal et La Roche.

A noter, en 1944, les prisonniers Allemands furent employés aux carrières après la libération. 

Agriculture

Depuis l’origine, la polyculture y est pratiquée, avec plus récemment l’exploitation du vignoble qui fait partie de l’appelation Buzet.

Industries diverses

Une des particularités de ce village est celle d’avoir connu une ère industrielle : minoterie des frères Latouche, fabrique de bouchons de liège Mallet et surtout verrerie, créée en 1920, spécialisée dans ses dernières années dans la soufflerie d’art. Au plus fort de son activité près de 900 ouvriers y travaillèrent. L’implantation de cette verrerie, avec des capitaux tchécoslovaques, fut accompagnée d’une immigration tchécoslovaque. La colonie tchécoslovaque atteignit sont point culminant à la fin des années 1940 (présence d’une école tchécoslovaque et dès les années 1930 d’une association, Krajan), avant que nombre de ses membres, engagés au Parti communiste français ne rentrent en Tchécoslovaquie. Au fil des années, la verrerie a fermé et rouvert ses portes de multiples fois. Depuis le mois de mai 2009, les fours se sont rallumés et la verrerie est de nouveau accessible au public. Actuellement, Vianne se tourne vers le tourisme : restaurants, marchés nocturnes, créations de deux ports sur la Baïse, artisanat…

La verrerie a été reprise, mais les fours sont à l’arrêt depuis plusieurs années ; la verrerie ne vit qu’à travers sa boutique qui vend de la verrerie (brute ou petite manufacture) issue des stocks.